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Contrat de travail au Togo : CDD, CDI et période d'essai
Choisir le bon contrat, le rédiger et en connaître les règles : essai, durée du travail, congés et paie, d'après le Code du travail de 2021 (loi n° 2021-012 du 18 juin 2021).
Par l’équipe éditoriale d’INTEGRA PARTNERS
Le Code du travail togolais distingue plusieurs types de contrats, chacun répondant à des besoins spécifiques de l'employeur. Le choix du type de contrat a des conséquences directes sur les droits du salarié et les obligations de l'entreprise.
01 — Typologie
Types de contrats de travail au Togo
Contrat à durée indéterminée (CDI)
Le CDI est le contrat de droit commun au Togo. C'est le contrat par défaut : le contrat qui ne satisfait pas aux règles du CDD, du contrat saisonnier, du contrat de projet, du temps partiel ou de l’intérim est réputé à durée indéterminée (art. 47 Code du travail 2021). Il ne comporte pas de terme fixé et se poursuit jusqu'à sa résiliation par l'une des parties.
- Résiliation avec préavis : chaque partie peut rompre le contrat en respectant un délai de préavis, variable selon la catégorie professionnelle (art. 74)
- Indemnité de licenciement : due au salarié licencié qui compte douze mois d'ancienneté ininterrompus, sauf faute grave ou lourde (art. 97)
- Stabilité : le CDI n'a pas de terme ; il ne prend fin que selon les règles du préavis et du licenciement (art. 74 et suivants)
Contrat à durée déterminée (CDD)
Le CDD est un contrat comportant un terme fixé dès sa conclusion. Il est constaté par écrit et ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale de l’entreprise (art. 48 Code du travail 2021).
- Durée maximale : deux ans au plus pour la durée initiale ; quatre ans au plus, renouvellement compris (art. 48)
- Renouvellement : le Code n’en limite pas le nombre ; chaque renouvellement peut être d’une durée inférieure, égale ou supérieure au contrat initial, dans la limite totale de quatre ans (art. 48)
- Contrat réputé à durée indéterminée : le contrat qui ne respecte pas les règles du CDD est réputé à durée indéterminée (art. 47). Au terme de quatre ans consécutifs de CDD qui ne se poursuivent pas en CDI, une indemnité de fin de contrat d’un mois est due (art. 54)
- Cas de recours : remplacement d'un salarié absent, surcroît occasionnel ou activité inhabituelle, secteurs d’usage fixés par arrêté, dispositifs légaux d’aide à l’emploi, formation et apprentissage (art. 49). Le contrat saisonnier (art. 56) et le contrat de projet, de mission ou d’opération (art. 57) sont des contrats distincts
- Rupture anticipée : possible dans sept cas : force majeure, consentement mutuel constaté par écrit, embauche du salarié en CDI, faute grave ou lourde, inaptitude constatée par le médecin-inspecteur du travail, insuffisance de performance, résiliation judiciaire (art. 99). Toute rupture abusive donne droit aux salaires restant à courir (art. 100)
Contrat d'apprentissage
Le contrat d'apprentissage est un contrat de formation professionnelle par lequel l'employeur s'engage à assurer une formation pratique au métier, en complément d'un enseignement théorique.
- Durée : quatre ans au plus, sauf apprentissage par alternance (art. 122)
- Forme : écrit, dans la langue officielle, à peine de nullité (art. 122)
- Age de l'apprenti : quinze ans révolus au moins (art. 122)
- Statut : l’apprenti n’est pas un travailleur au sens du Code du travail (art. 122, dernier alinéa) ; les conditions de conclusion du contrat, sa rémunération et les obligations de l’employeur relèvent de la législation sur l’apprentissage, à laquelle le Code renvoie (art. 123)
Travail temporaire (intérim)
Le travail temporaire permet à une entreprise de recourir à un salarié mis à disposition par une entreprise de travail temporaire agréée par le ministre chargé du travail (art. 61 Code du travail 2021).
- Contrat de travail intérimaire : défini par le Code (art. 60)
- Agrément obligatoire : l'entreprise de travail temporaire doit être agréée par le ministre chargé du travail (art. 61)
- Conditions de mise en œuvre : fixées par arrêté (art. 63). Nous ne publions ni durée maximale de mission ni règle de rémunération tant que nous n’avons pas lu cet arrêté
02 — Rédaction
Clauses obligatoires du contrat de travail
Le Code n’impose pas l’écrit pour tout contrat : en l’absence d’écrit, la preuve du contrat se rapporte par tous moyens, et lorsqu’il est écrit, le contrat est rédigé dans la langue officielle, le français (art. 37 Code du travail 2021). L’écrit est exigé pour le CDD, le contrat du travailleur étranger, le contrat de projet, le contrat à temps partiel et le contrat d’apprentissage (art. 48, 52, 57, 58 et 122). Le contrat verbal est donc reconnu ; l'écrit facilite la preuve, pour les deux parties.
Le Code impose deux mentions : la convention collective applicable (art. 37) et, si un essai est prévu, la période d’essai, qui doit être expressément stipulée par écrit (art. 44). Les autres éléments ci-dessous sont des mentions utiles, que nous recommandons de faire figurer :
- Identité complète des parties : nom, prénom, adresse de l'employeur (personne physique ou morale) et du salarié, numéro d'immatriculation CNSS de l'employeur, qui doit figurer sur tous ses documents officiels (art. 7, loi n° 2011-006 du 21 février 2011 portant code de sécurité sociale)
- Nature du poste et qualification : intitulé du poste, description des fonctions principales, catégorie professionnelle selon la convention collective
- Lieu de travail : adresse précise du lieu d'exécution du travail ; en cas de mobilité, mentionner les zones géographiques concernées
- Rémunération : montant du salaire de base, primes et indemnités éventuelles, périodicité de paiement (mensuelle)
- Durée du contrat : mention CDI ou, pour un CDD, date de début et date de fin (ou événement déterminant le terme)
- Période d'essai : obligatoire si un essai est prévu, avec sa durée et les conditions de son renouvellement éventuel (art. 44)
- Convention collective applicable : obligatoire ; la convention sectorielle dont relève l'entreprise ou, à défaut, la convention interprofessionnelle (art. 37)
- Date d'effet : date de prise de fonctions effective du salarié
03 — Début de contrat
Période d'essai
La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié et au salarié d'apprécier les conditions de travail. Sa durée varie selon le type de contrat et la catégorie professionnelle, et elle doit être expressément stipulée par écrit (art. 44 Code du travail 2021).
Durée selon la catégorie (CDI)
| Catégorie professionnelle | Durée initiale | Renouvellement |
|---|---|---|
| Travailleur payé à l’heure | 8 jours | 1 fois (8 jours au plus) |
| Ouvrier | 1 mois | 1 fois (1 mois au plus) |
| Employé | 1 mois | 1 fois (1 mois au plus) |
| Technicien / Agent de maîtrise | 3 mois | 1 fois (3 mois au plus) |
| Cadre | 6 mois | Non renouvelable |
Ce sont des durées maximales : le renouvellement porte sur une période identique ou inférieure, sous réserve de stipulations plus favorables du contrat ou de la convention collective (art. 44).
Période d'essai en CDD
Durée maximale : un mois, non renouvelable, quelle que soit la catégorie professionnelle, sauf stipulation plus favorable (art. 44).
Règles de rupture pendant l'essai
- Rupture libre : chaque partie peut mettre fin au contrat pendant la période d'essai sans avoir à justifier d'un motif (art. 73)
- Délai de prévenance : quarante-huit heures ; s’il n’est pas respecté, il ouvre droit à une indemnité compensatrice, sauf faute grave ou lourde (art. 73)
- Pas d'indemnité : aucune indemnité de licenciement n'est due en cas de rupture pendant l'essai (art. 73)
- Limite : le Code interdit toute mesure discriminatoire, notamment en raison des activités syndicales ; la rupture de l’essai ne peut reposer sur un tel motif (art. 4 et 39)
04 — Temps de travail
Durée du travail
La durée légale du travail au Togo est fixée par le Code du travail et ne peut être dépassée que dans les conditions prévues pour les heures supplémentaires, qui ne peuvent excéder vingt heures par semaine ; un décret peut porter la durée hebdomadaire jusqu’à quarante-huit heures dans des secteurs stratégiques (art. 180 Code du travail 2021).
Durée légale
- Secteur non-agricole : 40 heures par semaine, dix heures par jour au plus (art. 180), douze dans les cas prévus par le Code (art. 181)
- Secteur agricole : 2 400 heures par an (art. 180)
Heures supplémentaires
Le Code du travail ne fixe pas lui-même les taux de majoration : il laisse aux conventions collectives le soin de déterminer le taux et les modalités de rémunération des heures supplémentaires (art. 180). La convention collective interprofessionnelle a été renouvelée le 30 avril 2026 et son texte n’est pas encore disponible : nous n’en publions pas les taux.
Le travail de nuit est celui qui est effectué entre 22 heures et 5 heures (art. 186).
Repos hebdomadaire
Tout salarié a droit à un repos hebdomadaire d'au moins 24 heures consécutives, en principe le dimanche (art. 198). Des arrêtés du ministre chargé du travail fixent les professions qui peuvent y déroger (art. 198).
05 — Suspension du contrat
Congés et absences
Congé annuel payé
Tout salarié acquiert un droit à congé payé à raison de deux jours et demi par mois de service effectif, soit trente jours par an, sauf dispositions plus favorables (art. 200 Code du travail 2021). Ce droit est acquis après un an de service effectif ; par accord des parties, le congé peut être pris au prorata dès six mois (art. 201).
Allocation de congé : elle est égale au douzième de la rémunération moyenne des douze derniers mois, hors primes de rendement (art. 202).
Congé maternité
La salariée bénéficie d'un congé de maternité de quatorze semaines consécutives, dont six au moins après l'accouchement (art. 190 Code du travail 2021, modifié par la loi n° 2022-019), prolongeable de trois semaines en cas de maladie liée à la grossesse (art. 38 Code de sécurité sociale 2011). Pendant cette période, le contrat est suspendu et la salariée perçoit une indemnité à la charge de la CNSS, sous condition de douze mois d’immatriculation avant la date présumée de l’accouchement (art. 190 ; art. 39 Code de sécurité sociale 2011). Cette indemnité journalière est égale à la totalité de la rémunération journalière moyenne (art. 40 du Code de sécurité sociale, dans sa rédaction de la loi n° 2022-016 du 15 novembre 2022). La rémunération journalière moyenne est une assiette propre à la CNSS, dont nous n’avons pas lu les modalités de calcul : nous les vérifions auprès d’elle.
Sauf faute grave, l’employeur ne peut rompre le contrat de la salariée pendant la grossesse, le congé de maternité et la période d’allaitement, qui court quinze mois après la naissance et ouvre droit à un repos d’une heure par jour au plus (art. 190 et 191).
Congé paternité
Le Code du travail ne prévoit pas de congé de paternité. Les absences liées à une naissance relèvent des permissions exceptionnelles pour événements familiaux, dont la durée est fixée par la convention collective applicable (art. 200).
Congés spéciaux (événements familiaux)
Les permissions exceptionnelles accordées pour un événement familial (mariage, naissance, décès) ne sont pas déduites du congé annuel, dans la limite de dix jours par an (art. 200) ; leur durée par événement est fixée par la convention collective. La convention collective interprofessionnelle a été renouvelée le 30 avril 2026 et son texte n’est pas encore disponible : son barème n’est donc pas publié ici.
Jours fériés légaux
La liste et le régime des jours fériés sont fixés par décret en conseil des ministres (art. 199). Nous n’en publions ni le nombre ni la liste tant que nous n’avons pas lu le décret en vigueur.
06 — Paie
Rémunération
Salaire minimum (SMIG)
Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Togo est de 52 500 FCFA par mois (environ 80 euros) depuis le 1er janvier 2023. Il est fixé par arrêté du ministre chargé du travail, après avis du Conseil national du travail (art. 158 Code du travail 2021). Le SMIG est le salaire minimum des salariés régis par le Code du travail ; le secteur agricole a son propre minimum, le SMAG, et les conventions collectives peuvent fixer des minima supérieurs (art. 1).
Bulletin de paie
L'employeur est tenu de remettre à chaque salarié un bulletin de paie individuel à chaque paiement, sauf dérogation accordée par l’inspecteur du travail ; le modèle du bulletin est fixé par arrêté (art. 166).
Retenues obligatoires
- CNSS part salariale : 4 % de l’ensemble des rémunérations, taux du décret n° 2012-038 du 27 juin 2012, d’après la CNSS (art. 12 et 16 Code de sécurité sociale 2011)
- Assurance maladie universelle : cotisation due depuis le 1er janvier 2024 (décret n° 2023-096, art. 47) ; nous en vérifions le taux auprès de la CNSS avant de le publier
- Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) : retenue à la source par l'employeur à chaque paiement selon un barème progressif, de 0 % à 35 % selon les tranches de revenu (art. 74 Code général des impôts ; art. 26 Livre des procédures fiscales), et reversée au plus tard le 15 du mois suivant (art. 27 LPF)
Périodicité et modalités de paiement
Le salaire est payé mensuellement, au plus tard huit jours après la fin du mois de travail (art. 164). Il est payé en monnaie ayant cours légal, et le paiement est constaté par un bulletin ou une pièce émargée par le salarié (art. 163 et 166).
Questions fréquentes sur le contrat de travail au Togo
Un contrat de travail oral est-il valable au Togo ?
Quand un CDD est-il requalifié en CDI ?
L'employeur peut-il imposer des heures supplémentaires ?
Le SMIG s'applique-t-il à tous les salariés sans exception ?
Comment fonctionne le congé maladie au Togo ?
Rédiger vos contrats de travail au Togo
Nous rédigeons ou relisons vos contrats de travail sur la base du Code du travail de 2021, et nous y intégrons la convention collective applicable dès que son texte est disponible.
La relation de travail,
avant et après le contrat.
Le contrat de travail ne se lit pas seul. Ces pages traitent de la rupture, des cotisations sociales et du cadre général du droit du travail togolais.
Droit du travail au Togo
Le Code du travail de 2021, l’inspection et le tribunal du travail : la vue d’ensemble.
Licenciement
Procédure, préavis, indemnités et droits du salarié en cas de rupture du contrat.
CNSS
Cotisations, prestations et obligations de l’employeur auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale.
Créer une entreprise
Les formes sociales et les formalités d’immatriculation qui précèdent la première embauche.