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Conventions fiscales du Togo et double imposition
Les conventions fiscales du Togo : la convention France-Togo de 1971, le règlement UEMOA de 2008, l’élimination de la double imposition et la procédure à suivre.
Par l’équipe éditoriale d’INTEGRA PARTNERS
Le Togo s'inscrit dans un double cadre de coopération fiscale internationale : le cadre communautaire de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), dont le Règlement n° 08/2008/CM/UEMOA fixe les règles qui évitent la double imposition entre États membres (art. 1), et les conventions bilatérales destinées à éviter les doubles impositions, dont la convention France-Togo de 1971. L'OTR publie aussi l'Acte additionnel A/SA.5/12/18 de la CEDEAO du 22 décembre 2018 sur l'élimination de la double imposition ; nous n'avons pas vérifié s'il s'applique déjà au Togo.
01 — Principes
Cadre général des conventions fiscales du Togo
Les conventions fiscales, aussi appelées traités de double imposition ou CDI (conventions de double imposition), sont des accords internationaux ayant pour objet de répartir le droit d'imposer entre l'État de résidence du contribuable et l'État de source du revenu. Elles visent à éviter qu'un même revenu soit imposé deux fois : une fois dans le pays où il est généré (État source) et une seconde fois dans le pays de résidence fiscale du bénéficiaire.
Sans convention fiscale, une entreprise togolaise percevant des revenus en France (ou inversement) risque d'être imposée dans les deux pays sur le même revenu. Les conventions éliminent ou réduisent cette double imposition par deux mécanismes :
- Méthode de l'exemption : l'État de résidence exempte le revenu imposé dans l'État source (en le prenant en compte pour le calcul du taux effectif d'imposition)
- Méthode du crédit d'impôt : l'État de résidence accorde un crédit d'impôt égal à l'impôt payé dans l'État source, imputable sur l'impôt dû au titre du même revenu
02 — Conventions en vigueur
Les textes applicables : convention France-Togo et règlement UEMOA
Le tableau ne retient que les textes que nous avons lus : la convention France-Togo et le Règlement de l'UEMOA. Comme textes de double imposition, l'OTR ne publie que ces deux-là et l'Acte additionnel de la CEDEAO de 2018. Nous ne publions pas de liste de conventions que nous n'avons pas vérifiée sur le texte.
| Pays | Date convention | Dividendes | Intérêts | Redevances |
|---|---|---|---|---|
| France | Signée le 24 novembre 1971, en vigueur depuis le 1er avril 1975 | 15 % sur les dividendes français qui ouvraient droit à l'avoir fiscal, supprimé en France à compter du 1er janvier 2005 (loi n° 2003-1311, art. 93) : aucun taux applicable aujourd'hui n'en découle ; aucun taux sur les dividendes togolais | Aucun taux conventionnel | Imposables seulement dans l'État du bénéficiaire |
| Pays UEMOA * | Règlement n° 08/2008/CM/UEMOA du 26 septembre 2008, en vigueur le 1er janvier 2009 | Plafond de 10 % du montant brut (art. 11) | Plafond de 15 % (art. 12) | Plafond de 15 % (art. 13) |
* UEMOA : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo (traité de Dakar du 10 janvier 1994). Les taux UEMOA sont des plafonds de l'impôt de l'État de la source, fixés par le Règlement n° 08/2008/CM/UEMOA.
03 — Convention de 1971
Convention France-Togo détaillée
La convention fiscale entre la France et le Togo, signée le 24 novembre 1971 et en vigueur depuis le 1er avril 1975, est la convention bilatérale qui lie le Togo à la France. Voici une analyse article par article des dispositions pratiques les plus importantes :
Dividendes (article 13)
Les revenus des valeurs mobilières sont imposables dans l'État du domicile de la société qui les paie (art. 13, § 1). Pour les dividendes d'une société togolaise perçus par un résident de France, la convention ne fixe aucun taux : le Togo ne peut les imposer qu'à son impôt sur le revenu des capitaux mobiliers (art. 26, § 2). Le taux de 15 % concerne les dividendes d'une société française versés à un résident du Togo. Ce taux vise les dividendes français qui ouvraient droit à l'avoir fiscal (art. 13, § 2, et art. 26, § 2). La France a supprimé l'avoir fiscal à compter du 1er janvier 2005 (loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003, art. 93) : nous n'en tirons aucun taux applicable aujourd'hui.
- En droit interne togolais, la retenue sur les revenus distribués est de 13 % ; elle est de 7 % (personnes morales) et 3 % (personnes physiques) sur les dividendes des sociétés cotées (Code général des impôts du Togo, CGI, art. 79)
- En France, les dividendes de source togolaise ouvrent droit à une déduction de 25 % sur l'impôt exigible (art. 26, § 3) ; l'administration française la présente comme un crédit d'impôt plafonné (notice 2047)
Intérêts (article 19)
Les intérêts des prêts, dépôts et créances non représentées par des titres négociables sont imposables dans l'État du domicile du créancier. Chaque État conserve le droit de pratiquer une retenue à la source si sa législation interne la prévoit : la convention ne fixe aucun taux (art. 19). En France, les intérêts de source togolaise ouvrent droit à une déduction de 12 % (art. 26, § 3).
- L'article 19 vise les prêts, dépôts, comptes de dépôts, bons de caisse et créances non représentées par des titres négociables ; les intérêts d'obligations et de titres négociables relèvent de l'article 13
Redevances (article 20)
Les droits d'auteur et les redevances de brevets, de marques et de procédés ne sont imposables que dans l'État du bénéficiaire (art. 20, § 2) : il n'existe donc pas de taux de retenue à la source. Les redevances versées pour des biens immobiliers sont imposables dans l'État où ces biens sont situés (art. 20, § 1).
- L'article vise les redevances de propriété intellectuelle, industrielle et commerciale
- Sont assimilées aux redevances la location de films, les informations concernant des expériences d'ordre industriel, commercial ou scientifique et la location d'équipements (art. 20, § 3) ; l'article 20 ne vise ni l'assistance technique ni les frais de gestion
- Le cas des redevances rattachées à un établissement stable dans l'autre État est réservé (art. 20, § 5)
- En cas de doute sur la qualification (redevance ou prestation de service), l'analyse du contrat est déterminante
Plus-values immobilières
La convention de 1971 ne contient pas de règle de partage expresse pour les plus-values : son article 8 les range parmi les impôts visés, l'article 9 règle les revenus des biens immobiliers, et l'article 25 attribue les revenus non mentionnés à l'État du domicile. Nous analysons chaque cession sur pièces.
- En droit interne, le Togo taxe les plus-values de cession d'immeubles et de droits immobiliers à 7 %, taxe libératoire (CGI, art. 82 et 90), sous réserve des exonérations et abattements des art. 84, 85 et 88
Salaires et rémunérations d'emploi
Les salaires sont en principe imposables dans l'État où l'activité professionnelle est exercée (art. 22, § 1). Exception, si trois conditions sont réunies (art. 22, § 2) : le séjour du salarié dans l'État d'exercice n'excède pas 183 jours au total au cours de l'année fiscale considérée ; l'employeur n'est pas domicilié dans cet État ; la rémunération n'est pas déduite des bénéfices d'un établissement stable ou d'une base fixe de l'employeur dans cet État. L'imposition revient alors à l'État de résidence.
- Règle des 183 jours : appréciée au cours de l'année fiscale considérée (art. 22, § 2, a), et non sur douze mois consécutifs
- Une mission temporaire de courte durée n'échappe à l'imposition dans l'État d'exercice que si les trois conditions de l'article 22, paragraphe 2, sont remplies
- Tantièmes, jetons de présence et autres rémunérations des membres des conseils d'administration ou de surveillance : imposables dans l'État du domicile de la société (art. 18) ; un directeur général salarié relève de l'article 22
Pensions et retraites
Les pensions et les rentes viagères ne sont imposables que dans l'État où le bénéficiaire a son domicile fiscal (art. 21), sans distinction entre pensions privées et publiques : la convention ne contient pas de règle propre aux pensions des fonctionnaires. Un retraité français résidant au Togo sera imposé au Togo sur sa pension française.
Élimination de la double imposition (article 26)
La convention retient, comme règle générale, l'exonération avec réserve de progressivité : un État ne peut pas inclure dans la base de son impôt sur le revenu les revenus que la convention rend exclusivement imposables dans l'autre État, mais il garde le droit de calculer son impôt au taux correspondant à l'ensemble des revenus (art. 26, § 1).
- Dividendes et intérêts : la convention fixe une déduction de 25 % pour les dividendes et de 12 % pour les autres revenus mobiliers, sur l'impôt exigible en France (art. 26, § 3)
- L'administration française présente ce mécanisme comme un crédit d'impôt égal à l'impôt supporté au Togo, dans la limite d'un taux (notice 2047) : les deux lectures ne se recoupent pas, et nous vérifions leur effet sur chaque dossier.
04 — Mise en œuvre
Procédure d'application des conventions fiscales
La convention France-Togo charge les autorités compétentes des deux États d'en fixer les modalités d'application (art. 42) et ouvre au contribuable une procédure amiable (art. 41). Les étapes ci-dessous s'en tiennent à ce que les textes et l'administration française publient ; le côté togolais est dit dans les points restés ouverts.
Identifier le texte applicable
Vérifier qu'un texte lie le Togo et l'État de résidence du bénéficiaire des revenus : la convention France-Togo du 24 novembre 1971, ou, entre États membres de l'UEMOA, le Règlement n° 08/2008/CM/UEMOA. Pour tout autre pays, vérifier l'existence et le texte de la convention avant d'en invoquer le bénéfice.Obtenir une attestation de résidence
Pour des revenus de source française, l'administration française prévoit le formulaire n° 5000 (Cerfa 12816*04), « Attestation de résidence destinée à l'administration étrangère ». Au Togo, l'attestation de résidence se demande à l'OTR, dont nous vérifions la procédure en vigueur pour chaque dossier.Constituer le dossier
Pour des revenus de source française, joindre au formulaire n° 5000 l'annexe qui correspond au revenu : 5001 (dividendes), 5002 (intérêts) ou 5003 (redevances). Pour des revenus de source togolaise, aucun texte que nous avons lu ne décrit de formulaire conventionnel.Saisir les autorités compétentes en cas de double imposition
Si une imposition non conforme à la convention subsiste, le contribuable peut adresser une demande aux autorités compétentes, dans le cadre de la procédure amiable (art. 41 de la convention France-Togo). Les autorités compétentes sont chargées d'en fixer les modalités d'application (art. 42).
Obtention du certificat de résidence fiscale
Le certificat de résidence fiscale atteste la qualité de résident fiscal dans un État donné. C'est la pièce justificative exigée par l'État source pour appliquer les taux conventionnels réduits.
- Au Togo : l'attestation de résidence se demande à l'Office togolais des recettes (OTR). Les pièces et le délai publiés par l'OTR datent de 2015 : nous confirmons ceux en vigueur auprès de l'OTR pour chaque dossier.
- En France : formulaire n° 5000 (Cerfa 12816*04), « Attestation de résidence destinée à l'administration étrangère », complété par les annexes 5001 (dividendes), 5002 (intérêts) et 5003 (redevances) ; il sert au non-résident de France qui réclame le taux conventionnel sur des revenus de source française.
Formulaire conventionnel et dépôt
Ce que les textes permettent d'établir :
- Revenus de source française : formulaire n° 5000 et annexe correspondant au revenu (5001, 5002 ou 5003), selon l'administration française
- Revenus de source togolaise : ni formulaire conventionnel ni dépôt préalable auprès de l'OTR ne sont décrits (voir les points restés ouverts)
- Imposition non conforme à la convention : demande du contribuable aux autorités compétentes, dans le cadre de la procédure amiable (art. 41) ; les autorités compétentes fixent les modalités d'application de la convention (art. 42)
Délais de traitement
Ni la convention France-Togo (art. 41 et 42) ni les autres textes que nous avons lus ne fixent de délai pour l'application d'un taux conventionnel, le remboursement d'une retenue excédentaire ou la procédure amiable. Le Règlement UEMOA prévoit ses propres délais de procédure amiable, que nous n'avons pas instruits. Nous ne publions donc aucun délai.
05 — Leviers
Ce que les conventions permettent d'organiser
Les conventions fiscales ouvrent des possibilités prévues par les textes pour les entreprises et investisseurs opérant entre le Togo et leurs pays de résidence :
Résidence fiscale
Pour qui a des liens avec plusieurs pays, la résidence fiscale décide de l'État qui impose. Elle se détermine sur des faits. Sont domiciliées au Togo les personnes qui y ont leur foyer ou le lieu de leur séjour principal, celles qui y exercent une activité professionnelle, salariée ou non, sauf à titre accessoire, celles qui y ont le centre de leurs intérêts économiques, ainsi que certains agents de l'État en mission à l'étranger (CGI, art. 3). Le CGI ne retient pas de critère de 183 jours. Ces critères doivent être analysés au regard de ceux du pays partenaire.
Un contribuable peut être considéré résident des deux États ; la convention France-Togo le départage alors en trois étapes (art. 2, § 1) : le foyer permanent d'habitation, défini comme le centre des intérêts vitaux, c'est-à-dire le lieu avec lequel les relations personnelles sont les plus étroites ; à défaut, l'État du séjour le plus long ; à durées égales, l'État dont il a la nationalité. S'il n'a la nationalité d'aucun des deux, les autorités administratives supérieures des deux États tranchent d'un commun accord. Le texte de 1971 ne règle pas expressément le cas de la personne qui a les deux nationalités : nous l'examinons sur pièces.
Holding interposée et substance
Interposer une holding dans un autre État pour bénéficier d'une convention suppose une substance réelle (personnel, locaux, décisions) ; à défaut, l'administration peut refuser l'avantage conventionnel. Nous examinons toute structure au regard de ce risque.
Successions
Les conventions fiscales peuvent également couvrir les droits de succession : la convention France-Togo y consacre son chapitre II (art. 27 à 36), le Règlement UEMOA ses articles 24 à 36. Pour un patrimoine situé au Togo et un domicile en France, le choix d'une structure de détention se décide sur le droit des deux pays, au vu de chaque situation.
Exemption ou crédit : ce que fixe la convention
Le mécanisme dépend de la convention et de la nature du revenu (art. 26 de la convention France-Togo ; art. 23 du Règlement UEMOA). La qualification d'un revenu (dividende, intérêt, redevance) découle des faits et des contrats, pas d'un choix fiscal.
06 — Points restés ouverts
Ce que cette page ne tranche pas
L’attestation de résidence togolaise
Les pièces et le délai publiés par l’OTR datent de 2015 ; nous confirmons ceux en vigueur auprès de l’OTR pour chaque dossier.
Les revenus de source togolaise
Aucun texte que nous avons lu ne décrit de formulaire conventionnel ni de dépôt préalable auprès de l’OTR.
Les délais
Ni la convention France-Togo ni les autres textes que nous avons lus ne fixent de délai pour appliquer un taux conventionnel, rembourser une retenue excédentaire ou conduire la procédure amiable ; le Règlement UEMOA prévoit ses propres délais, que nous n’avons pas instruits.
Les autres conventions
L’OTR ne publie que la convention France-Togo, le Règlement UEMOA et l’Acte additionnel de la CEDEAO de 2018, dont nous n’avons pas vérifié l’application au Togo. Pour tout autre pays, nous vérifions l’existence et le texte de la convention.
Déduction de 25 % ou crédit d’impôt
La convention fixe une déduction de 25 % pour les dividendes et de 12 % pour les autres revenus mobiliers (art. 26, § 3). L’administration française présente ce mécanisme comme un crédit d’impôt égal à l’impôt supporté au Togo, dans la limite d’un taux (notice 2047) : les deux lectures ne se recoupent pas.
Les plus-values sur actions
Le CGI du Togo les taxe à 7 % (art. 82 et 90) ; la convention, sans article propre, les attribue à l’État du domicile (art. 25). Nous n’avons pas trouvé de source qui tranche.
Nous examinons ces points sur pièces, pour chaque dossier.
Questions fréquentes sur les conventions fiscales du Togo
Comment obtenir un certificat de résidence fiscale au Togo ?
L'attestation de résidence togolaise se demande à l'Office togolais des recettes (OTR), qui la range parmi les documents fiscaux qu'il délivre.
Les pièces et le délai publiés par l'OTR datent de 2015 et ont pu changer depuis : nous les confirmons auprès de l'OTR (+228 22 53 14 00, otr@otr.tg) pour chaque dossier. L'identifiant fiscal togolais est le numéro d'identification fiscale (NIF).
INTEGRA PARTNERS peut préparer cette demande pour ses clients.
La convention France-Togo couvre-t-elle les plus-values sur actions ?
La convention France-Togo de 1971 couvre notamment les bénéfices des entreprises (art. 10), les revenus de capitaux (art. 13, 19 et 20), les pensions (art. 21), les salaires (art. 22), les professions libérales (art. 23), les successions (art. 27 à 36), l'assistance administrative (art. 37 à 40) et la procédure amiable (art. 41). Elle n'a pas d'article propre aux plus-values. Concernant les plus-values sur actions :
- Droit interne togolais : le Code général des impôts du Togo taxe à 7 %, sans seuil de détention, les plus-values de cession d'actions ou de parts de sociétés immatriculées au Togo, y compris quand le cédant n'est pas résident (art. 82 et 90 CGI)
- Convention : à défaut d'article sur les plus-values, sa règle résiduelle attribue les revenus non mentionnés à l'État du domicile (art. 25)
- Articulation : les deux textes ne donnent pas la même réponse, et nous n'avons pas trouvé de source qui tranche.
Attention : la convention de 1971 est ancienne, et les administrations française et togolaise peuvent en lire différemment certaines dispositions. Avant une cession importante, faites examiner l'opération au regard des deux textes.
Comment fonctionne le crédit d'impôt entre la France et le Togo ?
La convention France-Togo du 24 novembre 1971 élimine la double imposition de deux façons :
- Exonération avec réserve de progressivité (article 26, paragraphe 1) : un État ne peut pas inclure dans la base de son impôt sur le revenu les revenus que la convention rend exclusivement imposables dans l'autre État, mais il peut en tenir compte pour calculer le taux applicable à l'ensemble des revenus.
- Déduction (article 26, paragraphe 3) : les revenus de capitaux mobiliers et les intérêts de source togolaise perçus en France ouvrent droit à une déduction sur l'impôt exigible en France, fixée à 25 % pour les dividendes et à 12 % pour les autres catégories de revenus.
L'administration française présente ce mécanisme comme un crédit d'impôt égal à l'impôt supporté au Togo, dans la limite d'un taux (notice 2047) : les deux lectures ne se recoupent pas, et nous vérifions leur effet sur chaque dossier.
Retenues à la source : la convention ne fixe aucun taux sur les dividendes d'une société togolaise, que le Togo impose selon son droit interne (13 % sur les revenus distribués, article 79 du CGI togolais), ni sur les intérêts (article 19). Le taux de 15 % concerne les dividendes d'une société française versés à un résident du Togo. Ce taux vise les dividendes français qui ouvraient droit à l'avoir fiscal (art. 13, § 2, et art. 26, § 2). La France a supprimé l'avoir fiscal à compter du 1er janvier 2005 (loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003, art. 93) : nous n'en tirons aucun taux applicable aujourd'hui. Les droits d'auteur et les redevances de brevets, de marques et de procédés ne sont imposables que dans l'État du bénéficiaire (article 20, paragraphe 2).
Le Togo a-t-il une convention fiscale avec les États-Unis ?
Non, le Togo n'a pas de convention fiscale bilatérale avec les États-Unis : il ne figure pas dans la liste des conventions fiscales américaines publiée par l'administration fiscale des États-Unis (IRS, « United States Income Tax Treaties - A to Z »).
En l'absence de convention, pour une personne qui a des revenus aux États-Unis et au Togo :
- Les taux de retenue de droit interne s'appliquent intégralement (pas de taux réduit conventionnel)
- L'élimination de la double imposition relève du seul droit interne de chaque État ; pour l'impôt américain, nous travaillons avec votre conseiller aux États-Unis
Quels sont les risques de la double résidence fiscale France-Togo ?
La double résidence fiscale (être considéré résident fiscal des deux pays simultanément) peut concerner les membres de la diaspora togolaise en France :
Risques :
- Double imposition effective : chaque pays revendique le droit d'imposer vos revenus mondiaux
- Obligations déclaratives doubles : une déclaration d'impôt sur le revenu dans chacun des deux pays (IRPP au Togo, impôt sur le revenu en France)
- Pénalités pour non-déclaration : si vous êtes résident fiscal d'un pays sans y déposer de déclaration
- Risque de contrôle fiscal : les administrations échangent des informations, d'office ou sur demande (article 37 de la convention)
Solution : La convention France-Togo prévoit trois critères de départage pour trancher la double résidence (article 2, paragraphe 1) :
- Le foyer permanent d'habitation, que la convention définit comme le centre des intérêts vitaux, c'est-à-dire le lieu avec lequel les relations personnelles sont les plus étroites
- À défaut, l'État où la personne séjourne le plus longtemps
- À durées égales, l'État dont elle a la nationalité ; si elle n'a la nationalité d'aucun des deux, les autorités administratives supérieures des deux États tranchent d'un commun accord
Ces critères sont appliqués dans l'ordre jusqu'à ce que la résidence soit déterminée. Le texte de 1971 ne règle pas expressément le cas de la personne qui a les deux nationalités : nous l'examinons sur pièces. Voir notre page sur la double résidence France-Togo.
Vos revenus entre le Togo et l’étranger
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Les autres impôts,
les autres frontières.
Une convention fiscale ne se lit pas seule. Ces pages traitent de la double résidence, des structures de groupe et des autres impôts administrés par l’OTR.
Fiscalité double résidence France-Togo
Résidence fiscale entre la France et le Togo : critères de la convention, imposition de chaque revenu, déclarations.
Créer une holding au Togo
Holding au Togo : régime des sociétés mères et filiales (art. 107 CGI).
Fiscalité OTR · Vue d’ensemble
Les impôts et taxes administrés par l’OTR au Togo.
Impôt sur les sociétés (IS) au Togo
Taux de l’IS, acomptes, déclaration annuelle.
TVA
La taxe sur la valeur ajoutée au Togo : taux, seuil d’assujettissement, déclaration mensuelle et droit à déduction.
Pénalités et contrôles
Amendes, majorations et pénalité de retard du LPF, déroulé d’un contrôle de l’OTR et recours.