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Énergie et mines au Togo

Les phosphates, le Code minier et ses titres, l'électricité et les énergies renouvelables au Togo, d'après les textes et les publications officielles.

Par l’équipe éditoriale d’INTEGRA PARTNERS

Les phosphates sont la seule ressource minière du Togo dont nous citons la production : 1,56 million de tonnes en 2024, selon le Service géologique des États-Unis (USGS, Mineral Commodity Summaries 2026).

Cette page donne aussi le régime des titres miniers et l'état du secteur électrique, solaire et hydroélectrique compris.

01 — Gisements

Ressources minières

La production togolaise de phosphates reste très loin de celle du premier producteur africain, le Maroc (35,3 millions de tonnes en 2024, USGS).

Phosphates du Togo : USGS, Mineral Commodity Summaries 2026, consulté le 9 octobre 2026
MineraiGisementRéservesStatut
PhosphatesHahotoé-Kpogamé30 millions de tonnes (USGS)En production : 1,56 million de tonnes en 2024 (USGS)

Pour le calcaire, le fer, l'or et le marbre, nous n'avons lu aucune évaluation officielle des gisements ni des réserves : nous ne publions pas de chiffre tant que les rapports de la Direction générale des mines et de la géologie ou de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) n'ont pas été lus.

02 — Titres miniers

Cadre minier

Le Code minier (loi n° 96-004 du 26 février 1996, modifiée par la loi n° 2003-012 du 14 octobre 2003) définit les titres miniers et les conditions d'exploitation. Tout titulaire acquitte des droits et frais, fixés par un décret portant fiscalité minière (art. 49), et une redevance superficiaire annuelle (art. 50) :

Titres miniers : durée et redevance (Code minier, loi n° 96-004 modifiée par la loi n° 2003-012)
TitreDuréeRedevance
Autorisation de prospection2 ans, renouvelable deux fois un an (art. 11 et 12)Droits et frais selon la fiscalité minière (art. 49) ; redevance superficiaire annuelle (art. 50)
Permis de recherche3 ans, sur 200 km² au plus (art. 14) ; deux renouvellements de 2 ans chacun, de droit, contre renonciation à la moitié de la superficie (art. 15)Droits et frais (art. 49) ; redevance superficiaire annuelle (art. 50)
Permis d'exploitation20 ans pour une grande mine, accordé par décret en conseil des ministres ; 5 ans pour une petite mine (investissement inférieur à 300 millions FCFA) (art. 18) ; renouvellements de 10 ans pour une grande mine (art. 19)Selon la substance (annexe III, barème de 1996) : 1 % pour les minéraux industriels hors phosphates, 2 % pour les métaux non précieux et les autres substances, 3 % pour les métaux précieux, 5 % pour les pierres précieuses et pour les phosphates ; modifiable par décret (art. 51)
Permis d’exploitation pour matériaux de construction3 ans (art. 18), renouvelable plusieurs fois d’un an au plus chacune (art. 19)100 FCFA par m³ (annexe III)

03 — Électricité

Secteur énergétique

Fin 2024, la capacité installée du réseau interconnecté était de 267,5 MW, dont 26 % de solaire (70 MWc), 12 % d'hydroélectricité (32,5 MW) et 165 MW de thermique ; les énergies renouvelables ont fourni 12,5 % de la production domestique, et la demande est couverte essentiellement par les importations et la production au gaz (Pacte national énergie de la République togolaise, septembre 2025). Le taux d'accès à l'électricité en 2024 diffère selon les sources : le Pacte et la Banque mondiale ne publient pas le même chiffre, et nous n'en retenons aucun sans avoir arbitré. Distributeur : CEET (Compagnie Énergie Électrique du Togo) (Pacte national énergie, 2025).

Énergies renouvelables

  • Solaire : centrale de Blitta, 70 MWc en service en 2024, extension à 100 MWc annoncée pour 2026 ; mini-réseaux ruraux, dont le Pacte prévoit le transfert à la CEET (Pacte national énergie, 2025).
  • Hydroélectrique : barrage de Nangbéto, dont 32,5 MW reviennent au Togo (la moitié de l'ouvrage) ; le Pacte prévoit pour 2030 l'aménagement de Tététou (57 MW) (Pacte national énergie, 2025).
  • Biomasse : le Pacte mentionne des centrales à gaz naturel et à biomasse, sans potentiel chiffré.

Objectif national : au moins 50 % d'énergies renouvelables dans le mix électrique d'ici 2030 (Pacte national énergie, 2025, préambule).

04 — Conditions d’entrée

Investir dans le secteur

  • Procédure du permis minier : le ministre chargé des mines répond à une demande de titre dans les trente jours de son dépôt (art. 24) ; la durée totale d'instruction n'est fixée par aucun texte que nous ayons lu. Dossier technique, étude d'impact environnemental ; l'administration peut exiger une caution ou tout autre engagement (art. 48)
  • Partenariats État : l'État prend une participation de 10 % non payante dans le capital des sociétés d'exploitation (art. 55)
  • Fiscalité sectorielle : exonération de TVA pour les titulaires d'une autorisation de prospection ou d'un permis de recherche, et pour le permis d'exploitation jusqu'à la première production commerciale (art. 52) ; une convention d'investissement peut arrêter des conditions économiques et fiscales différentes (art. 47)
  • Producteurs indépendants d'électricité : la loi n° 2000-012 du 18 juillet 2000 ouvre le secteur aux producteurs indépendants, et la loi n° 2018-010 du 8 août 2018 encadre la production à base d'énergies renouvelables, l'autoproduction et les licences. Fin 2024, trois producteurs indépendants représentent environ 71 % du parc, sous contrats de type BOOT (construction, propriété, exploitation, transfert) avec l'État ; le Pacte annonce des appels d'offres compétitifs (Pacte national énergie, 2025)

Questions fréquentes

Un étranger peut-il obtenir un permis minier au Togo ?
Oui. L'État peut autoriser toute personne physique ou morale de nationalité togolaise ou étrangère (Code minier, loi n° 96-004 du 26 février 1996 modifiée, art. 7). Une personne morale ne peut être titulaire d'un titre que si elle est inscrite au registre du commerce en République togolaise (art. 6). L'État prend une participation de 10 % non payante dans le capital des sociétés d'exploitation (art. 55).
Quel est le délai pour obtenir un permis d'exploitation ?
Le ministre chargé des mines répond à une demande de titre dans les trente jours de son dépôt (Code minier, art. 24) ; aucun texte que nous ayons lu ne fixe la durée totale de l'instruction. Le dossier inclut étude de faisabilité, plan d'exploitation, étude d'impact environnemental et social ; l'administration peut exiger une caution ou tout autre engagement (art. 48).
Le partenariat avec l'État est-il obligatoire ?
Oui, sous forme de participation : l'État prend une participation de 10 % non payante dans le capital des sociétés d'exploitation, sauf pour les activités artisanales et les matériaux de construction ; une participation payante supplémentaire, en principe de 20 % au plus, peut s'y ajouter (Code minier, art. 55, modifié en 2003). Une convention d'investissement peut arrêter des conditions économiques et fiscales particulières (art. 47).
L'énergie solaire est-elle rentable au Togo ?
Nous ne publions pas de comparaison de coût : aucune source officielle que nous ayons lue ne chiffre le coût du kWh solaire au Togo, et le Pacte national énergie (septembre 2025) ne publie pas de tarif. Le cadre existe : la loi n° 2018-010 du 8 août 2018 encadre la production à base d'énergies renouvelables et l'autoproduction, et le Pacte annonce des appels d'offres compétitifs pour les producteurs indépendants. La rentabilité d'un projet se calcule dossier par dossier.

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